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Méditation : Temps de Miséricorde (No 64)

18 juin 2021- 11e semaine du temps ordinaire

Image par Tumisu de Pixabay

Évangile du vendredi 18 juin (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » Mt 6, 19-23

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.
La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »

Méditation : L’oeil et la pureté du coeur

Depuis la fête du Sacré-Coeur et du Coeur Immaculé de Marie, nous sommes plongés dans la visite de notre propre coeur. Le texte d’aujourd’hui nous y conduit à nouveau selon un essentiel spirituel fort important : « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ». Cet essentiel nous questionne d’entrée de jeu sur « où est le trésor de notre coeur ? » Notre coeur amasse-t-il les trésors de la terre ou du ciel ?

Si notre coeur n’amasse que les trésors de la terre et n’a d’intérêt que pour eux, il nous faut savoir que ces trésors nous « dévoreront » ou nous consumeront de l’intérieur. Jamais nous n’aurons de cesse de les accumuler et jamais ils ne seront suffisants. Ce sera la guerre en nous, marquée par le peur constante de les perdre et de voir quelques voleurs nous les dérober. Notre coeur sera dévoré par ce ver de l’envie et de la concupiscence qui nous pourrira le coeur. Notre vie visera uniquement la défense de ce que nous croyons posséder, investie dans la vaine gloire du monde.

Mais si, au contraire, nous cherchons les trésors du ciel ou si notre véritable trésor est Dieu lui-même, cette quête seule remplira notre coeur d’une profonde paix et douceur. Car, pour le coeur, la seule richesse qui lui faut est celle de l’Amour de Dieu. La richesse du coeur est donc celle d’une Présence, vécue dans le débordement d’un Amour toujours plus grand. Le coeur se trouve alors au lieu même de son trésor, à savoir en Dieu. Dieu dans le coeur et le coeur en Dieu. Quand le coeur se vit en Dieu, les trésors de la terre livrent également la richesse d’une Présence, celle de Dieu. Ils ne rongent plus le coeur, car ils deviennent lieu d’une rencontre, non plus dans la possession de ce qui existe mais dans l’accueil de Celui qui se dépossède de Lui-même, et même dans sa création.

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ». Les sens spirituels du coeur, dont l’oeil, s’enténèbrent ou s’illuminent dépendamment de ce qu’ils contemplent mais, tout autant, dans le cas de l’oeil, de la manière qu’il regarde. Si le coeur « regarde » le monde dans le but de posséder ses richesses, il s’obscurcit de toutes ces possessions qui l’obstruent et de toutes les concupiscences qui le rongent. L’oeil du coeur perd alors sa pureté, car il ne voit plus le Donateur et Celui qui se donne en toute sa création et, plus encore, dans l’incarnation du Fils sur la terre. L’oeil est aveugle de Dieu… et de l’humain. Il a substitué en lui l’adoration des choses à l’adoration de Dieu. Il n’est plus au service du sanctuaire de Dieu qu’est l’humain mais l’oeil devient une porte d’entrée pour faire du sanctuaire divin de l’humain un « repaire de brigands », « une maison de voleurs ». Non seulement l’humain dans cette condition perd-il Dieu mais il se perd lui-même.

Si c’est Dieu qui est regardé et contemplé, le coeur s’illumine de sa Présence et l’oeil du coeur est alors sain. Il devient la « lampe pour tout le corps ». Tout l’être est irradié de l’intérieur par le trésor du coeur qui est Dieu. Tout l’humain devient « fils ou fille de Lumière » et répond à sa nature propre d’être « lumière du monde » et « sel de la terre ». La beauté d’un être resplendit quand l’oeil est sain, c’est-à-dire que le coeur est pur.

« Mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! » Étrangement, plus l’oeil et le coeur s’attardent à l’extérieur dans l’envie de ce qu’ils voient, plus ces lampes perdent la Lumière du dedans, du « ciel en eux », au point où et le dedans et le dehors deviennent « ténèbres » et « quelles ténèbres ! ». Au contraire, si l’oeil du coeur est tourné au dedans, vers la Présence, tout ce qu’il contemple sera illuminé du dedans par la Lumière infinie de l’Être de Dieu, qui est la beauté lumineuse des choses et des êtres.

Demandons-nous donc aujourd’hui « où est mon trésor, (car) là aussi sera mon cœur ».

Stéfan Thériault (stheriault@lepelerin.org)

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