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Méditation : Temps de Miséricorde (No 66)

20 juin 2021- 12e dimanche du temps ordinaire

Image par PublicDomainPictures de Pixabay

Évangile du dimanche 20 juin (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » Mc 4, 35-41

Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule. Le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. » Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Méditation : Le sommeil du Fils

L’être humain appartient à deux mondes, la terre et le ciel. Mais son être profond, filial et spirituel, prend son origine, son sens et sa fin dans le monde spirituel. C’est cette dimension spirituelle en lui qui unifie les deux mondes. Et, comme nous l’avons vu, si l’humain privilégie et vit que du seul monde terrestre et de ses richesses, il dénature son être et perd le chemin de sa naissance d’en-haut et de sa plénitude. Mais il n’est pas simple, pour nous, d’arriver à danser dans les deux mondes et de vivre l’unification du terrestre et du céleste dans le Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Bien sûr, nous avons bien des difficultés à le vivre, car personne ne nous apprend l’art de la traversée, si bien que, dans notre monde matérialiste, nous sommes devenus des analphabètes spirituels. Et, pourtant, le voyage entre ces deux mondes est nécessaire et constant. Jésus veut d’ailleurs initier ses disciples à ce voyage, car il est plus que conscient du danger de vivre uniquement des trésors du monde. En ce but, il leur dit : « Passons sur l’autre rive » ou « faisons ce voyage ensemble ». L’invitation n’est donc pas de simplement faire un petit tour de bateau mais de les conduire vers la part spirituelle de leur être, au coeur du ciel qui est en eux.

Le texte nous raconte qu’ils ont laissé la foule en ajoutant une drôle d’expression : « ils emmenèrent Jésus, comme il était« . Cette expression me semble décrire le fait que Jésus « est le même » (« Je suis ») sur la terre comme au ciel; ce qui contraste avec ses disciples ou avec nous-mêmes dans cette traversée vers « l’autre rive ». Entre les deux rives, nous vivons ce passage comme une véritable tempête. Nous sommes intérieurement bousculés, remués, secoués. Nous perdons pied et nous avons vraiment le sentiment intérieur que nous allons sombrer. Nous sommes soudainement submergés par ce monde spirituel qui entre en nous ou qui, en fait, s’ouvre à l’intérieur de nous. Comme les disciples, nous nous écrions : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Mais la bible de Jérusalem et celle de Chouraqui traduisent plutôt : «  »Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? » Cette dernière traduction nous rappelle mieux, à la lumière du texte d’hier, que les disciples sont enfoncés dans les inquiétudes et les soucis du monde terrestre.

Dans cette barque submergée par l’Esprit, toutes leurs et nos certitudes habituelles ne peuvent tenir. Notre vie appartient soudainement à un Autre et nous avons l’impression que nous allons la perdre. Dans le « passage vers l’autre rive », nous devons lâcher-prise et accepter que tous nos points d’appui terrestres ne servent plus dans ce monde spirituel. Ici, nous devons accepter de tout perdre pour tout gagner. Nous sommes appelés à traverser la nuit et ses tempêtes dans la confiance du lumineux, c’est-à-dire d’apprendre la foi qui se confie entièrement à un Autre. Nous sommes appelés à entrer dans « le sommeil du Fils », qui se repose dans le Père et laisse à l’Esprit de guider son chemin.

La vie humaine est appelée à reposer, se fonder dans le spirituel, dans le ciel, en Dieu, car tout ce monde terrestre a été créé par Dieu et lui obéit : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » Dieu est le maître de la Vie. Alors pourquoi avoir peur ainsi ? Pourquoi soucis et inquiétudes quand tout obéit à Dieu ? C’est pourquoi Jésus en une question leur donne le billet pour le passage : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

La foi est la barque qui voyage entre les deux mondes et les unifie, car elle est grâce du Fils qui, en s’incarnant, a tout unifié. Seule la foi permet au coeur de reconnaître Dieu et de demeurer en Lui dans les deux mondes. Elle donne de voir que Dieu est l’origine de tout et que, en tout, il est Présent, et que vivre en cohérence de vie avec sa Source est de lui obéir pour se laisser ainsi conduire dans le ciel, qui est Royaume de Dieu. Dans cette traversée de notre existence humaine, Jésus est venu nous apprendre à « passer sur l’autre rive » pour que notre être de fils ou de filles « repose » en Dieu. Nous sommes appelés à vivre du « sommeil du Fils »…

Stéfan Thériault (stheriault@lepelerin.org)

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