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Méditation : Temps de Miséricorde (No 72)

26 juin 2021- 12e semaine du temps ordinaire

Image par lisa runnels de Pixabay

Évangile du samedi 26 juin (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob » Mt 8, 5-17

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux, mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre. Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait.
Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.

Veuillez noter que la dernière méditation sera ce dimanche avec l’arrivée des vacances. Nous recommencerons à l’automne mais, cette fois, ce sera une équipe qui vous accompagnera.

Méditation : La foi, demeure de Dieu

Nous sommes entrés avec l’évangile d’hier dans toute une série de miracles accomplis par Jésus. Nous avons peut-être l’impression d’entrer dans l ‘extraordinaire et même avoir de la difficulté à croire à ces récits. Mais, en fait, les miracles, sont, en comparaison de la vie, des faits à peine merveilleux. Quand nous regardons les milliards de galaxie, la complexité du corps ou du cerveau humain ou, encore, la terre avec ses océans, ses continents, ses animaux, ses oiseaux, etc., force est d’avouer que la vie est le miracle des miracles. Et ce miracle survient, oh prodige !, à chaque instant du jour… et nous ne le voyons plus. Mais si cette vie est tellement plus grande que tous ces miracles, comment ne pas croire à ces derniers, comme des rappels au quotidien d’un miracle beaucoup plus grand ? Comment ne pas remercier Dieu tous les jours pour le miracle de notre vie ?

Aujourd’hui, il est raconté comme hier une histoire bien connue, celle du centurion qui approche Jésus pour la guérison de son serviteur. Le premier élément à noter est que le centurion est l’image de l’oppresseur, de l’agresseur, membre de cette armée qui tient en esclavage le peuple juif. Ce centurion ne nous ressemble-t-il pas ? Ne sommes-nous pas, nous aussi, des gens qui blessons les autres ? Qui avons pris souvent les traits de celui ou celle qui nous a agressés ? Mais, l’Esprit travaille en nous et un jour nous nous rendons compte de ceci : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement ». Mais le mot grec « pais », qui a été traduit ici par serviteur, signifie aussi enfant, garçon. C’est pourquoi je préfère la traduction de Chouraqui ou celle de la bible de Jérusalem. Chouraqui traduit : « Adôn, voici : mon garçon est jeté sur un lit dans ma maison. Il est paralysé et terriblement tourmenté ». La bible de Jérusalem traduit : « Seigneur, mon enfant gît dans ma maison, atteint de paralysie et souffrant atrocement ».

Cet enfant, qui « gît dans ma maison », c’est l’enfant blessé que le mal vécu a emprisonné en nous-mêmes. Et le verbe « gît », comme dans l’expression « ci-gît », nous traduit la mort dans laquelle il se trouve. Ou le verbe « est jeté », utilisé par Chrouraqui, rappelle l’action du démon chez les personnes possédées par le mal. En nous, il y a un enfant terrassé par le mal et « atteint de paralysie et souffrant atrocement ». Oui, le mal en nous nous paralyse. Il empêche la vie de circuler librement. Notre vie est figée et n’avons plus le courage d’avancer. Elle s’est arrêtée dans le temps, et un temps de ténèbres qui nous emprisonne. Et cet état cause une souffrance atroce, car elle atteint la moëlle de notre être et la colonne de notre existence ne tient plus.

Jésus répond alors : « Je vais aller le guérir », car Jésus est venu pour tous nous libérer du mal qui nous paralyse. D’ailleurs, les différents évangiles nous montrent Jésus qui se révolte souvent contre les juifs qui, sous le prétexte du sabbat, ne viennent pas à la rescousse des personnes souffrantes. Dans ce texte, cette révolte est, ainsi, racontée : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux, mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents ». Le verbe « être jeté » revient cette fois mais dans la bouche de Jésus, comme s’il donnait un exemple très concret de ce qui leur avait dit plutôt : « de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera » (Mt 7, 2). L’humain est laissé à son propre jugement ou mesure s’il ne se convertit pas. Il « est jeté dehors dans les ténèbres », là où il se tient depuis si longtemps à cause du mal qui l’habite.

La réponse du centurion à l’invitation de Jésus est formidable, tellement qu’elle est utilisée, dans toutes les messes du monde avant de communier au corps du Christ : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri ». Nous ne sommes pas dignes que Jésus entre sous notre toit, dans notre maison intérieure, car le mal s’y trouve et nous enferme. Mais le centurion, et nous à sa suite, nous devons croire que, par une simple parole, celle de la Parole du Père qu’est le Fils, celle qui a créé les mondes, Dieu peut nous redonner la vie et nous libérer de la paralysie et de la souffrance qui nous étreignent. Pour accueillir le Christ en nous et participer à l’eucharistie de Vie à laquelle il nous invite, nous n’avons qu’à confesser notre mal et laisser au Christ de nous en libérer : « dis seulement une parole ».

Nous serons alors témoins qu’ « à l’heure même, l’enfant fut guéri ». Car Jésus « Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies » afin de nous permettre de « rentrer chez nous, que tout se passe pour nous selon notre foi ». La foi crée en nous l’espace pour accueillir Dieu et nous accueillir, car, si nous ne croyons pas, le Christ ne peut entrer. Puissions-nous avoir cette foi pour être libérés du mal mais, surtout, retrouver notre maison intérieure, lieu continuelle de notre naissance et de la Présence de Dieu.

Stéfan Thériault (stheriault@lepelerin.org)

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