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Méditation : Temps de Miséricorde (No 73)

27 juin 2021- 13e dimanche du temps ordinaire

Image par dae jeung kim de Pixabay

Évangile du dimanche 27 juin (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Mc 5, 21-43

En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré – … cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.

Comme c’est la dernière méditation que j’écris avant les vacances, je veux vous remercier d’avoir lu mes commentaires de l’Évangile. J’espère qu’ils vous ont aidés à cette rencontre avec vous-mêmes et avec Dieu. Que Dieu vous bénisse, vous protège et vous accompagne ! Stéfan

Méditation : Miséricorde infinie !

Nous continuons nos méditations sur les miracles de Jésus, miracles qui sont surtout des signes de sa Présence et de sa puissance de libération du mal dans nos vies. Avec le lépreux, nous avons vu que le mal a l’art de nous stigmatiser, de nous exclure, de nous marquer de sa laideur afin d’attirer sur nous les jugements, les accusations, les humiliations et les rejets. Avec le centurion, nous avons compris que ce mal nous atteint intérieurement, nous paralyse et nous fait souffrir atrocement. Il emprisonne un enfant blessé en nous, pris dans les filets de la mort.

Aujourd’hui, deux miracles s’entrelacent. Celui lié à la fille de Jaïre, chef de synagogue : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ». Celui d’ « une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré – ». Commençons par cette dernière.

Le mal, en nous, à cause de ce qui est arrivé, peut avoir l’effet de nous vider de notre sang ou, dit autrement, de nous enlever la vie intérieurement. Il y a différentes façons d’être atteints ainsi. Nous le sommes par les personnes qui nous vampirisent, c’est-à-dire qu’elles nous utilisent jusqu’au point où nous ne leur sommes plus utiles. Existent ces relations d’abus qui nous enlèvent, intérieurement, la vie, et nous laissent vides… et vides de nous. Nous pourrions même nommer le deuil de personnes très proches, qui créent également en nous un vide au point qu’il nous devient difficile d’avancer. Et, souvent, dans cet état, des tentatives malheureuses pour nous aider a « plutôt empiré » notre état.

La vie s’est tellement écoulée de nous qu’elle semble inatteignable. Il ne reste qu’un vêtement mal ajusté de vie, qu’une peau sur nos os. Alors monte cette prière du creux de ce puits asséché : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée ». Nous reste alors la force que d’un effleurement. Mais si cet effleurement a la petitesse d’une graine de sénevé, il en a l’incroyable foi. Par ce geste, nous offrons notre foi exsangue et, comme l’obole de la veuve au temple, nous donnons alors de notre indigence, tout ce que nous possédons, tout ce que nous avons pour vivre (Mc 12, 44). Une foi si pauvre dépossède Dieu de sa Vie si bien que Jésus sentit aussitôt « qu’une force était sortie de lui ». Comme pour son Coeur ouvert sur la Croix, son sang et son eau s’écoulent, sur et en nous : force vive de sa miséricorde. Et nous pouvons entendre du Fils : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal ».

Puis, il y a ce mal qui nous fait vivre la mort en nous. Cette mort, à la différence du récit du centurion, a une profondeur différente, car « la fille, si jeune » qui est atteinte est la fille d’un chef de synagogue, d’un chef religieux. Cette situation nous conduit, de nouveau, à la méditation de mercredi, celle des faux prophètes, celle des gens « déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups voraces ». Cette enfant morte est touchée dans l’intime de sa relation avec Dieu. Quand des personnes qui sont supposées nous guider vers Dieu et qui tuent ce qui est le plus précieux en nous, à savoir notre foi et notre amour de Dieu, la mort est terrifiante, car quelle espérance nous reste-t-il ? Est-ce Jaïre qui a causé cela ou est-ce que Jaïre lui-même qui porte cet enfant blessé en lui-même ? L’une et l’autre réponse sont bonnes, car ceux qui commettent de tels actes, toujours, portent eux mêmes « le/la mort » en eux et la communiquent aux autres.

Malheureusement, comme les paroles de ces gens de la synagogue le traduisent, de tels actes démontrent qu’ « on se moquait de lui », de Jésus, de Dieu. « Alors (Jésus) met tout le monde dehors » ou les laisse là où leur coeur se tient, pris eux-mêmes dans une violence qui tue. « Puis il pénètre là où reposait l’enfant », il entre dans notre sanctuaire, dans ce buisson ardent de la Présence du Père qui tient chaque enfant dans sa paume. Le Père, qui veillait sur elle, la redonne au Fils pour qu’Il la libère et la remette debout. Mais cette guérison demande quelque chose que nous n’avons pas vu dans les autres : une triple présence, celle de Jésus (de Dieu), celle du père et de la mère, l’église domestique, et celle des trois disciples, représentants de l’Église du Christ. Nous pourrions dire que c’est plus qu’une mort individuelle que Jésus doit sauver mais celle d’une famille et celle de l’Église. Car un tel mal s’étend comme une traînée d’huile dans la communauté. Et la communauté entière doit être guérie, d’où l’importance que cette communauté familiale ou ecclésiale participe à cette expérience de résurrection et soient elles-mêmes renouvelées.

« Talitha koum », « Fillette, debout ! ».

La miséricorde de Dieu surabonde quand se produit en nous une mort spirituelle. Dieu seul peut combler l’effacement de Lui que les humains ont causé dans l’intime d’une personne. Rappelons qu’en ce « temps de miséricorde », toute personne blessée, en perte de vie ou mort intérieurement peut être sauvée.

« Talitha koum » : entendons pour nous ces paroles de Jésus dans l’intime de notre être et laissons sa miséricorde nous relever !

Stéfan Thériault (stheriault@lepelerin.org)

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DE BELLES VACANCES À TOUTES ET À TOUS !