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Méditation : Une foi sans réticence (No 64)

Image par Steve B de Pixabay

Évangile de l’Avent du Lundi 29 novembre (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place au festin du royaume des Cieux » Mt 8, 5-11c

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »

Méditation

« Jésus fut dans l’admiration » au contact de la foi sans réticence du Centurion. » (v.10)

Quelque chose arrive à ma source en contemplant cette parole :  quels mots employer pour dire cela ? Un mouvement de confiance. Un élan dans ma propre foi. Humble bénédiction au creux d’un quotidien occupé et joie de se garder en toute vigilance dans ce mouvement de vie

Un premier mouvement: prends acte de ce qui t’habite.

Tout au bord de la perte d’un être cher, s’installe une profonde supplication qui révèle une ouverture à plus grand que soi. Qui d’entre nous n’a pas un jour été touché, voir même bouleversé par cette douleur, cette urgence d’agir et cette impuissance devant le tourment d’une maladie grave de l’un de nos proches ? ou devant un être tenu pour ami depuis longtemps, qui prend, sans explication, une route d’éloignement, de rupture même ? ou devant le mutisme d’un fils parti loin dans une détresse intérieure ?

Se retrouver sur un tremplin, situé à une hauteur vertigineuse au-dessus de l’eau, et là, entendre l’impérative voix intérieure qui dit de plonger. Dans l’émotion, peurs et tremblements attachent, retiennent et obligent un recul pour mieux sauter, puis, vient le courage et l’élan de prendre le risque en toute confiance. Plonger.

C’est le centurion qui me conduit au cœur de ce récit. Qui est-il?  Matthieu laisse entendre qu’il est un païen, mais pas nécessairement romain, un officier commandant une troupe d’occupation. Le roi Hérode recrutait ses troupes dans toutes les régions avoisinantes.

 Il supplie Jésus de guérir son « serviteur » (Bible liturgique). Mais en faisant la recherche par les différentes versions et traductions de ce texte il apparaît tout autre chose et c’est là que le cœur bouge : celui pour qui il supplie c’est son « enfant » (Bible de Jérusalem), son « garçon » (Chouraqui), son « fils » (Jn 4,46).

Il se déplace pour atteindre Jésus. Ce déplacement n’est pas seulement physique, mais à l’intérieur de lui il choisit d’aller vers Jésus. Chez lui l’humilité n’est ni factice ni trompeuse !

 Un deuxième mouvement: regarde Jésus et laisse-toi regarder par Lui.

 Le centurion s’approcha de Jésus en le suppliant: « Seigneur, dit-il, mon enfant git dans ma maison, atteint de paralysie et souffrant atrocement. »  Jésus lui dit: « Je vais aller le guérir. »  (Bible de Jérusalem v.5-6)

Jésus reçoit non seulement sa demande, mais il s’empresse de lui répondre. Il se laisse surprendre et toucher par son cœur simple et droit. Il découvre dans sa parole spontanée l’humilité de cet homme : « je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot et mon enfant sera guéri. » (v.7)

« Jésus fut dans l’admiration. » (v.10)

Une merveille se vit dans ce récit :  la foi du Centurion alimente l’espérance de Jésus puisqu’un officier appartenant au système de répression par son métier fait montre d’une telle foi. Jésus laisse nourrir son désir logé au cœur de son Père :  recréer la Vie dans un royaume où règne la mort et porter cette Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités du monde. « Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. » (v.11)

Un troisième mouvement: garde ton cœur ouvert. 

 « Va ton fils vit. »

La foi qui se borne aux miracles est insuffisante ; seule la foi sans réticence en Jésus et en sa Parole mène à la vie. La confiance de l’officier et celle de toute sa maisonnée passeront à un autre niveau de confiance: non plus dans la capacité de Jésus de sauver son enfant de la mort, mais dans l’orientation donnée par le signe, et qui va déterminer sa future façon de vivre. Sa foi et sa confiance entraîneront beaucoup d’autres personnes dans son sillon.

Continuons de chercher et de voir vers quoi exactement pointent les signes autour de nous.

Michelle Arcand (michelle.arcand@hotmail.com)

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