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Méditation : Bienheureux appelés ! (No 65)

Évangile de l’Avent du Mardi 30 novembre (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » Mt 4, 18-22

En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Méditation

La force d’un appel dans une vie ! Voilà ce dont l’Évangile de ce jour – l’appel des 4 premiers disciples – me parle ! Et il me rappelle cette expression de Madeleine Delbrêl que j’aime tant (ça doit être pour ça que je l’ai déjà citée dans une autre méditation, pardon pour cette répétition !) : « Nous ne sommes jamais de lamentables laissés-pour-compte, mais de bienheureux appelés »[1]. Comme c’est beau ! Pouvoir vivre notre vie, notre quotidien, toutes les choses à réaliser aujourd’hui, celles qui nous semblent parfois si petites, même monotones (« tous les mardis, c’est pareil ! »), pouvoir les vivre avec cette conscience d’être « un bienheureux appelé ». Cela change tout, absolument tout ! Tout reprend sens, couleur ; rien n’est petit ou sans transcendance, puisqu’en tout « cela », c’est Dieu qui m’appelle !

            Les choses que nous faisons quotidiennement, le rythme habituel de travail, de service, d’engagement ici ou là, risquent toujours de se couvrir peu à peu du voile poussiéreux de la routine et de l’accoutumance …Tout devient juste « normal ». Ce matin-là, au bord du lac de Galilée, pour les 4 pêcheurs c’étaient peut-être cette même sensation qui les habitait. A l’aube d’une nouvelle journée de pêche comme tant d’autres, ils étaient dans leur barque. Or, ce jour-là, tout fut si différent ! « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Tout se fit si neuf pour Simon, André, Jacques et Jean à l’écho de la voix qui les appelait. L’évangéliste Matthieu ici ne le dit pas, mais Jésus qui devait observer depuis quelque temps ces pêcheurs tout en marchant au bord du lac les appela certainement chacun par leur prénom.

            Et c’est pareil pour nous, au début de cette nouvelle journée. « Dieu te regarde, qui que tu sois, écrit le Cardinal Henry Newman dans un très beau sermon[2]. Il « t’appelle par ton nom ». Il te voit et Il te comprend, lui qui t’a fait. Tout ce qu’il y a en toi, Il le sait : tous tes sentiments et tes pensées propres, tes inclinations, tes goûts, ta force et ta faiblesse. […] Tu as été choisi pour être sien. »

            Si nous pouvions aujourd’hui renouveler l’émerveillement de cette première rencontre avec Jésus, l’émerveillement d’être un bienheureux appelé ! Et puis, sereinement, remémorer ses paroles, celles qui ont si profondément résonné en nous ce premier jour. « Je te connais, ne crains pas. Viens à ma suite, et je te ferai pêcheur d’homme. » Ses mots à Lui sont vivants, aujourd’hui encore ils déposent en nous cette Lumière qui réveille nos dons endormis. « Et toi, que vas-tu faire ? » [3] Ces paroles du pape Léon XIII à une jeune laïque qui venait lui faire part des besoins des missions, changèrent complètement sa vie. Je l’entends comme « Et toi ? » ce « Viens à ma suite … »

            Le Père ne cesse jamais son œuvre de Créateur. Aujourd’hui tel l’artisan dans son atelier, avec ses deux mains – le Fils et l’Esprit – Il continuera de façonner notre vie au gré des rencontres et du travail qui nous attend. Nous sommes des bienheureux appelés ! Quelle immense grâce, Seigneur, d’avoir donné une « mission » à notre vie humaine, un « pour quoi » la donner chaque jour. Merci de savoir que la moindre chose en Toi peut être vie, espérance pour une sœur, un frère … Donne-nous, en cette journée qui est unique à tes yeux, de pouvoir répondre à chaque « viens, suis-moi » que Tu nous diras, avec la promptitude des 4 premiers disciples.  « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent. » Que l’Esprit puisse nous aider à reconnaître, pour mieux les lâcher, les filets qui retiennent encore trop l’amour en nous.

            « N’ayez pas peur, c’est bien moi. Je vous ai appelés par la grâce, je vous ai choisis par le pardon, je vous ai soutenus de ma compassion, je vous ai portés en mon amour, et je vous prends aujourd’hui, par ma seule bonté. »[4] Par sa seule bonté, nous sommes des bienheureux appelés !

Laurence Vasseur


[1] Madeleine Delbrêl, La joie de croire, L’extase de vos volontés.

[2] Saint John Henry Newman, Sermon « A Particular Providence as Revealed in the Gospel », PPS vol. 3, n°9.

[3] Paroles relatées par le Pape François dans son homélie du samedi 26 septembre 2015 en la Cathédrale Saints-Pierre-et-Paul à Philadelphie.

[4] Saint Pierre Chrysologue, Sermon 81 ; PL 52, 427.

Complément à la méditation

Il t’appelle par ton nom, Saint John Henry Newman, Sermon « A Particular Providence as Revealed in the Gospel », PPS vol. 3, n°9.

      « Dieu te regarde, qui que tu sois. Il « t’appelle par ton nom ». Il te voit et il te comprend, lui qui t’a fait. Tout ce qu’il y a en toi, il le sait : tous tes sentiments et tes pensées propres, tes inclinations, tes goûts, ta force et ta faiblesse. Il te voit dans tes jours de joie comme dans tes jours de peine ; il partage tes espoirs et tes tentations ; il prend à cœur toutes tes angoisses et tes souvenirs, tous les élans et tous les découragements de ton esprit ; il a compté tes cheveux… Il t’entoure de ses bras et te soutient ; il t’élève et te repose. Il contemple ton visage, dans le sourire ou les pleurs, dans la santé ou la maladie. Il regarde tes mains et tes pieds avec tendresse, il entend ta voix, le battement de ton cœur et jusqu’à ton souffle…

      Tu es un être humain racheté et sanctifié, son enfant adoptif ; il t’a fait le don d’une part de cette gloire et de cette bénédiction qui découlent éternellement du Père sur le Fils unique. Tu as été choisi pour être sien… Qu’est-ce que l’homme, que sommes-nous, que suis-je, pour que le Fils de Dieu ait de moi un si grand souci ?»

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