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Méditation : Temps de Miséricorde (No 69)

23 juin 2021- 12e semaine du temps ordinaire

Image par Patrice Audet de Pixabay

Veuillez noter que la dernière méditation sera ce dimanche avec l’arrivée des vacances. Nous recommencerons à l’automne mais, cette fois, ce sera une équipe qui vous accompagnera.

Évangile du mercredi 23 juin (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » Mt 7, 15-20

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais. Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

Méditation : Le difficile combat de la brebis et du loup

Jésus continue à prévenir ses disciples et nous des dangers de ce monde de perdition. Cette fois, Il parle d’un sujet délicat dans toute l’histoire de l’Église. : les faux prophètes ou, traduit, Chouraqui « les faux inspirés ». Ce qu’il déclare d’eux dans cet évangile est puissant : « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces ».

Il n’y a rien de plus terrible si, comme chrétiens, nous nous servons de la religion ou de la spiritualité pour exploiter les gens et en tirer profit. Nous ne vivons plus alors dans l’appel à notre service de Vie au nom de Dieu mais nous laissons notre coeur devenir « au-dedans (le lieu) des loups voraces ». Ce qui déborde alors de nous est la violence et la méchanceté de ces loups. Méfions-nous ici de ces loups qui s’approchent de nous habillés en brebis mais, aussi, de nous-mêmes afin de ne pas être transformés de brebis à loups voraces.

Car, au fil des ans, je me suis rendu compte que plus nous cherchons à faire du bien, plus le mal s’acharne sur nous et qu’il nous attaque au lieu même de notre blessure pour nous faire glisser là où le mal devient notre maître. Comme le rappellent les saint.e.s, le mal peut se cacher en nous sous les lumières du bien, si bien que si nous ne veillons pas et ne prions pas, il peut arriver à chacun.e de nous de glisser vers la « voracité » du mal. Comme le rappelle saint Pierre : « Soyez sobres, veillez. Votre partie adverse, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi, sachant que c’est le même genre de souffrance que la communauté des frères, répandue dans le monde, supporte » (1 Pi 5,8-9). Le combat entre la brebis et le loup commence en chacun.e de nous. Il n’épargne personne et, malheureusement, s’il nous gagne, il porte le risque de s’étendre aux autres. Oui, soyons « fermes dans la foi ».

Saint Pierre nous rappelle aussi, dans sa deuxième lettre, qu’il existe une autre sorte de manipulateurs semblable au premier : « les faux docteurs ». Il dira d’eux, ce qui nous rappellera le texte d’hier : « Beaucoup suivront leurs débauches, et la voie de la vérité sera blasphémée, à cause d’eux. Par cupidité, au moyen de paroles trompeuses, ils trafiqueront de vous, eux dont le jugement depuis longtemps n’est pas inactif et dont la perdition ne sommeille pas » (2 Pi 2, 2-3).

Malheureusement, il arrive que des gens derrière des vêtements religieux ou spirituels ne libèrent pas les personnes mais, comme dit saint Pierre, « trafiqueront de vous », et cela de bien des façons. Certains vivent des vies de pachas en contraste avec les pauvres dont ils se servent. Certains ont abusé sexuellement des personnes en leur faisant miroiter que c’était l’expression de l’Amour de Dieu. D’autres ont pris pouvoir sur des personnes en se servant de leurs faiblesses pour les manipuler psychologiquement ou spirituellement. Dans tous ces cas, le sentiment de pouvoir qu’ils ont éprouvé n’aura jamais valu la blessure profonde qu’ils auront causée.

Comment se prévenir de ces loups voraces habillés en brebis et de leur étonnante capacité de manipuler ? La réponse de Jésus est simple : « c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ». Ces personnes, nous pouvons d’abord les reconnaître en nous par les fruits qu’ils y produisent. Qu’est-ce que nous dit notre petite voix intérieure, celle de l’Esprit, quand nous sommes avec eux ? Ressentons-nous un malaise profond, une angoisse, une peur, une culpabilité qui nous étouffe, un sentiment que cela sonne faux, l’impression de disparaître, etc. ? Il est très important d’apprendre à écouter cette voix en nous, à y croire et à puiser la force de dire non, car cela nous sauvera de bien des problèmes.

Ces gens savent manipuler, vous dire ce que vous voulez entendre, vous flatter, vous sourire, vous dire que vous êtes important.e, et même qu’ils vous aiment. Mais, et il y a un mais, après tout cela, est posée un geste faux et destructeur. Ainsi, dans leur perdition, ils nous entraînent et nous écrasent cachés sous les vêtements de la brebis, « eux dont la perdition, disait saint Pierre, ne sommeille pas ». Prenons soin de vérifier que ces fruits ne soient pas une atteinte profonde à la vérité, à l’amour et à la liberté en nous et, ainsi, mettre en cause notre intégrité et notre propre naissance.

Soyons, aussi, vigilants que ces fruits ne grandissent pas en nous de notre propre vouloir, car, et en accompagnement spirituel nous en sommes bien conscients, quand nous nous situons avec l’autre dans son espace sacré, profondément spirituel, tout refus d’enlever nos sandales et d’y entrer avec nos bottes sales peut causer des dommageables terrifiants à sa relation à Dieu et au mystère de Dieu qu’est l’autre. Comme l’écrivait l’évangéliste Marc : « Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation installée là où elle ne doit pas être » (Mc 13, 14), fuyez. Ne restez pas proche de telles personnes. Et quand vous voyez qu’elle s’installe en vous, priez et revenez à la sobriété et à la foi dont parle saint Pierre. Mais sachons pour chacun.e de nous que la miséricorde de Dieu a, en nous et en l’autre, le pouvoir de tout redresser. Soyons les porteurs de cette miséricorde. Et, comme le disait un texte biblique que nous avons récemment médité : ne jugeons pas pour ne pas être jugés », car nos jugements et nos mesures font aussi partie de notre voracité.

Stéfan Thériault (stheriault@leplerin.org)

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